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L'euthanasie et les religions

Catholicisme

L’euthanasie est en opposition directe avec le 5ème commandement : «  tu ne tueras point ». L’euthanasie est donc un crime qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Cependant, les soins palliatifs sont acceptés, il est notamment « licite de supprimer la douleur au moyen de narcotiques, même avec pour effet d’amoindrir la conscience et d’abréger la vie. »

Le pape Benoit XVI a ainsi dit, fin janvier 2009, "Jésus a souffert et il est mort sur la croix par amour. De cette façon, il a donné sens à notre souffrance, un sens que beaucoup d'hommes et de femmes (...) ont compris, en vivant dans une sérénité profonde (...) de dures épreuves physiques et morales", et a ajouté que "l'euthanasie est une fausse solution au drame de la souffrance, une solution indigne de l'homme".

 

 

 

Protestantisme

Certains courants du protestantisme ne partagent pas l'idée catholique sur ce point. Ils soutiennent l’idée que Dieu n’est pas exclusif dans le fait de disposer du droit à la vie. L’homme participe, avec Dieu, à son maintien. Ainsi, des pays historiquement protestants (Pays-Bas, Suisse) ont parfois donné un sens légal à l’euthanasie. Dans ces pays, l’euthanasie active ou le suicide assisté sont admis.

Jésus dit : « Ne vend-t-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, il n’en tombe pas un à terre, sans que votre père le sache » Cela ne signifie pas que Dieu seul ait le droit de vie et de mort, mais qu’il accompagne quand même les hommes dans leur fin de vie.»

Le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine dénonce les dérives envisageables de la nouvelle proposition de loi sur l’euthanasie débattue au Sénat le 25 janvier. A Strasbourg le 24 Janvier 2011, est publié "Quelles que soient les circonstances «exeptionnelles» à l’origine de l’euthanasie, il s’agit d’un acte délibéré de donner la mort. Le CPDH rappelle qu’au-delà du « Tu ne commettras pas de meurtre » biblique, la véritable compassion ne se manifeste pas dans l’élimination du malade mais dans son accompagnement." 

 

 

 

Islam

Dans l’Islam, l’homme représente l’œuvre divine la plus importante et la plus complexe. Il est la créature qui porte la divinité et qui représente le pouvoir sur Terre. La seule chose permise est de laisser la personne mourir naturellement. L’euthanasie passive ne peut être interdite, dans ces cas précis, car la majorité des juristes musulmans n’imposent pas les soins médicaux (même dans des cas où l’on espère la guérison). Ils considèrent que se soigner est permis, et nullement obligatoire. Il est de plus écrit dans la doctrine musulmane de manière concise, qu' «il est interdit de donner la mort si ce n'est pas à bon droit», c'est-à-dire la peine de mort pour le criminel.

M.Ahmed Gharbi, prédicateur estime qu' «en Islam l’euthanasie ne se pratique pas, car l’être humain ne possède pas son corps, c’est Allah qui en dispose. Chaque être humain finira par mourir. C’est le bon Dieu qui décide de l’heure et du lieu de son décès. Alors si l’homme décide du contraire, c’est qu’il commet un crime envers la divinité. L’euthanasie en Islam est assimilée au suicide. L’islam a hissé l’être humain à un rang très élevé au point que la maladie qui l’atteint devient une source de récompenses dans l’au-delà.»

 

 Le Coran

 

 

Judaïsme

Si l'euthanasie active est condamnée sans appel, les juifs font une distinction avec l’euthanasie passive. En effet, celle-ci représente le renoncement à des actes médicaux manifestement sans espoir, et est autorisée. « […] C’est Dieu qui donne la vie. […] Celui qui détruit une vie, même d’un instant, c’est comme s’il détruisait l’univers entier. Il est donc défendu de faire quoi que ce soit qui puisse hâter la fin de vie d’un agonisant. », explique le Rabbin Guggenheim. De plus, selon le Rabbin Klug, «on peut atténuer les souffrances par des calmants si ceux-ci ne hâtent pas la mort à coup sûr.»     

 

                                        La balance représente la Justice.

 

 

Bouddhisme

Pour le bouddhisme, la mort n’est pas la fin de la vie de l’esprit d’une personne et, en conséquence, le suicide est déconseillé. D’une manière générale, le bouddhisme considère la suppression de la vie comme un acte négatif. Des grands maîtres du bouddhisme tibétains (comme Kalou et Dilgo-Kyentse Rimproche) ne sont pas défavorables à l’euthanasie passive. Par contre, le 14ème Dalaï Lama Tenzin Gyatso (Dalaï Lama actuel) met en garde l’euthanasie active. Il explique qu’en essayant d’échapper aux souffrances de cette  vie, nous pourrions être confrontés à ces mêmes souffrances dans une vie future, dans des conditions plus difficiles.

«Le plus important est de ne pas perturber son esprit», dit le Dalaï Lama.

Lors dune interview en mars 2007, le 14ème Dalaï Lama a répondu à la question : «Pouvez-vous nous parler de l'euthanasie; et nous éclairer sur la différence entre celle qui consiste à arrêter le traitement médical et celle qui est prodiguée en injectant un poison qui tue en quelques minutes.»     


Sa réponse : «On peut être confronté à des situations exceptionnelles mais, en règle générale, il est préférable de laisser une personne mourir à son heure. Ce que nous endurons est dû à nos propres karmas passés et nous devons en accepter le résultat. Tout doit être fait pour éviter de souffrir; mais si rien ne peut plus enrayer le problème, la souffrance doit être considérée comme le résultat inévitable de nos karmas.»     

 

            Tenzin Gyasto

 

Lexique

Narcotique = composé qui a des propriétés sédatives, qui calme, qui endort la sensibilité, qui provoque le sommeil. (somnifère, sédatif..)

CPDH = Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine

Karmas = principe de l'hindouisme selon lequel le sort de chacun est déterminé par le bilan moral de ses vies antérieures

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